Notre presse économique et financière est souvent assez prompte à relater les affaires sulfureuses, qui régulièrement nous arrivent des Etats-Unis, s’agissant des hedge funds. Il est vrai qu’au-delà de la simple information, les scénarios sont parfois d’un rocambolesque qui n’a rien à envier aux meilleurs polars américains. Bref c’est vendeur. Le lecteur pourrait presque tourner la page en se disant que décidemment, les Etats-Unis, c’est toujours autant le Far West (image éculée, mais toujours vivace) et que « chez nous » de telles mésaventures ne pourraient pas arriver grâce aux bons offices de l’AMF.
Pourtant, le risque de fraude grossière, limité dans le cadre de la réglementation AMF, n’est-il pas l’arbre qui cache la forêt ?
N’y aurait-il pas d’autres risques plus complexes à appréhender et donc moins médiatisés qui seraient propres à la gestion alternative ? On pense notamment aux risques de valorisation des portefeuilles (liquidité, modélisation), aux risques opérationnels classiques (ressources humaines, systèmes informatiques, cadre réglementaire, etc.), aux risques opérationnels propres aux hedge funds (erreurs lors du cycle conception/implémentation/exploitation des stratégies) et enfin au risque d'obsolescence des stratégies.